On associe souvent le risque en investissement aux baisses boursières. Mais la réalité est plus nuancée. Le risque prend plusieurs formes, certaines visibles, d'autres plus subtiles.
Les reconnaître, c'est déjà se donner un avantage. Voici neuf types de risque à garder en tête pour prendre des décisions plus éclairées.
C'est le plus connu. Les cours boursiers bougent chaque jour sous l'effet de facteurs économiques, politiques ou même psychologiques. Les taux d'intérêt et les devises ajoutent une couche supplémentaire d'instabilité. On ne peut pas l'éliminer, mais on peut l'encadrer avec un horizon de placement adéquat et une stratégie claire.
Lorsqu'on investit dans des obligations ou des titres de créance, on parie sur la capacité de l'émetteur à rembourser. Une entreprise ou un gouvernement en difficulté peut faire défaut. Les rendements plus élevés viennent généralement avec ce type d'incertitude.
Tous les actifs ne se vendent pas en un clic. L'immobilier, certains fonds privés ou les titres peu négociés peuvent être difficiles à convertir rapidement en argent sans subir de perte. C'est un risque qu'on oublie souvent, jusqu'au moment où on a besoin de liquidités.
Un portefeuille trop exposé à un seul secteur, une seule région ou un seul type d'actif devient vulnérable à un choc ciblé. Répartir intelligemment ses placements reste l'un des moyens les plus efficaces de réduire ce type d'exposition.
Quand un placement à revenu fixe arrive à échéance, les fonds doivent être réinvestis. Si les taux ont baissé entre-temps, le nouveau rendement sera inférieur. C'est un scénario fréquent pour les détenteurs d'obligations et de certificats de placement.
Un rendement de 3 % semble intéressant. Mais si l'inflation atteint 4 %, le pouvoir d'achat recule. Ce risque est particulièrement sournois parce qu'il érode la valeur réelle de l'épargne sans que le solde du compte ne diminue.
Un imprévu, une retraite avancée ou un besoin urgent de fonds peut forcer la liquidation de placements dans un creux de marché. Bâtir une stratégie qui tient compte des aléas de la vie permet de réduire ce risque de façon significative.
L'espérance de vie augmente. C'est une bonne nouvelle, sauf si le portefeuille n'est pas structuré pour suivre. La planification financière doit tenir compte non seulement de l'accumulation, mais aussi de la durée du décaissement.
Investir à l'étranger ouvre des possibilités de diversification, mais expose aussi aux fluctuations des devises, à des cadres réglementaires différents et à des contextes politiques parfois instables. Une exposition internationale bien calibrée permet d'en tirer avantage tout en limitant les surprises.
Voilà ce qu'on comprend en lisant cette liste : ces risques ne s'additionnent pas, ils se remplacent.
Prenons l'exemple le plus courant. Quelqu'un est mal à l'aise avec les fluctuations, alors il garde tout en liquidités. Le risque de marché disparaît. Le risque d'inflation, lui, devient maximal. Sur vingt ans, celui-là peut faire plus de dégâts qu'une correction boursière, à la différence près qu'il ne fait jamais les manchettes.
Même chose dans l'autre sens. Un portefeuille très diversifié à l'international réduit le risque de concentration, mais introduit du risque de change.
Il n'existe pas de portefeuille sans risque. Il existe des portefeuilles où les risques présents sont ceux qu'on a choisis, et d'autres où ils sont ceux qu'on a hérités sans s'en rendre compte.
Connaître les risques ne suffit pas. L'étape suivante consiste à bâtir une stratégie qui en tient compte : diversifier ses placements, investir de façon progressive, respecter son horizon et réviser périodiquement son approche. Ce sont des gestes concrets qui font une réelle différence.
Face à la complexité, un conseiller en sécurité financière apporte un regard objectif. Il aide à évaluer sa tolérance réelle au risque, à structurer un plan adapté et à le faire évoluer au fil du temps.
Il y a d'ailleurs un dixième risque, dont on parle peu parce qu'il ne vient pas des marchés. Il vient de l'investisseur lui-même : vendre après une baisse, acheter après une hausse, changer de stratégie au mauvais moment. C'est souvent celui qui coûte le plus cher, et c'est aussi le seul sur lequel on peut agir directement.
La peur et l'euphorie font partie de l'expérience d'investissement. Mais elles ne devraient jamais être aux commandes. Un plan solide permet de traverser les périodes de turbulence sans perdre de vue l'essentiel.
Souvent, votre conseiller est votre plus grand allié : il vous connaît, connaît vos objectifs et vous aide à prendre des décisions rationnelles plutôt qu'émotives.
En répartissant ses placements entre différentes régions, secteurs et classes d'actifs. La diversification reste le levier le plus efficace.
Parce qu'un placement dont le rendement est inférieur à l'inflation entraîne une perte réelle de pouvoir d'achat, même si le solde augmente.
Non. Certains placements réduisent fortement le risque de perdre du capital, mais ils exposent davantage au risque d'inflation. Le risque change de forme, il ne disparaît pas.
Le risque fait partie de l'investissement. L'objectif n'est pas de l'éviter à tout prix, mais de comprendre ce qu'on accepte et de s'assurer que sa stratégie reflète cette compréhension. C'est comme ça qu'on investit avec confiance.
Les renseignements présentés dans cet article sont fournis à titre informatif seulement et ne constituent pas des conseils financiers personnalisés. Toute décision d'investissement devrait être évaluée selon votre situation financière, vos objectifs, votre horizon de placement et votre profil de risque.