Il y a une différence entre un portefeuille qui a bougé parce qu'on a pris une décision, et un portefeuille qui a bougé tout seul. Le deuxième cas est beaucoup plus fréquent, et beaucoup moins visible.
Ce printemps, un conflit international a occupé les manchettes pendant des semaines. Pour bien des investisseurs, le réflexe a été le même : réduire l'exposition, attendre que ça se calme, revenir plus tard.
Les marchés ont fait l'inverse. Ils ont rebondi, et plusieurs indices ont terminé le trimestre près de leurs sommets. Très peu d'observateurs l'avaient anticipé. Au moment où l'incertitude était à son maximum, l'idée qu'on approchait d'un record aurait semblé déraisonnable.
Ce n'est pas la première fois que ça se produit, et ce ne sera pas la dernière. C'est précisément pour ces séquences-là qu'un plan d'investissement existe. Pas pour prédire ce qui s'en vient, mais pour éviter que les décisions les plus coûteuses se prennent au pire moment.
Il y a tout de même un point à surveiller ce trimestre, et il n'a rien à voir avec l'actualité.
Au cours des cinq dernières années, les actions ont dégagé des rendements supérieurs à leur moyenne historique. Les obligations, elles, ont fait moins bien. Quand une catégorie d'actifs progresse plus vite que l'autre pendant aussi longtemps, elle finit par occuper une place plus grande dans le portefeuille.
Concrètement : un portefeuille construit à 60 % en actions et 40 % en obligations n'est probablement plus à 60/40 aujourd'hui. Personne n'a rien changé. C'est le marché qui a déplacé le curseur.
Un portefeuille qui contient plus d'actions que prévu ne pose pas de problème tant que les marchés montent. Il en pose un le jour où ils reculent.
La répartition choisie au départ n'est pas un chiffre arbitraire. Elle traduit un horizon de placement, des objectifs et un niveau de fluctuation qu'une personne est prête à absorber sans changer d'idée. Si la portion en actions a augmenté de plusieurs points sans décision consciente, le risque réel du portefeuille a augmenté lui aussi.
Autrement dit, le portefeuille correspond peut-être encore à ce que les dernières années ont produit. Mais plus nécessairement à ce que la personne avait accepté au départ.
Rééquilibrer, c'est ramener la répartition vers la cible établie. En pratique, ça veut souvent dire réduire la portion qui a le plus progressé et renforcer celle qui a moins bien fait.
C'est contre-intuitif. L'instinct pousse à faire exactement l'inverse. Mais c'est justement ce qui rend l'exercice utile : il impose une discipline au moment précis où l'humeur du marché suggère autre chose.
Le rééquilibrage n'est pas une tentative de deviner quelle catégorie fera mieux l'an prochain. C'est un mécanisme d'entretien, au même titre qu'une inspection périodique.
Un rééquilibrage n'a pas les mêmes conséquences selon l'endroit où il se fait.
Dans un REER, un CELI ou un CELIAPP, les transactions n'entraînent pas de disposition imposable. Dans un compte non enregistré, vendre une position en gain déclenche un gain en capital imposable dans l'année en cours.
C'est une des raisons pour lesquelles l'exercice gagne à être fait avec votre conseiller plutôt qu'en solitaire. L'ordre dans lequel les comptes sont ajustés, le moment de l'année et le fait d'utiliser les nouvelles cotisations plutôt que des ventes changent le résultat net.
Un portefeuille bien construit ne demande pas d'être surveillé tous les jours. Il demande d'être vérifié de temps en temps.
L'automne s'y prête bien. Les données du trimestre sont disponibles, l'année n'est pas terminée, et il reste du temps pour ajuster avant les échéances fiscales de décembre.
Chez Bravia Gestion Patrimoine, notre rôle n'est pas de vous dire ce qu'il faut anticiper. C'est de vérifier avec vous que ce que vous détenez correspond toujours à ce que vous vouliez détenir.
Prendre rendez-vous pour faire le point
Il n'y a pas de règle unique. Certaines approches fonctionnent par calendrier, une ou deux fois par année. D'autres se déclenchent lorsque l'écart avec la cible dépasse un seuil défini à l'avance. Ce qui compte le plus, c'est d'avoir une méthode prévue plutôt que de décider au cas par cas selon l'humeur du moment.
Pas nécessairement. L'objectif principal est de maîtriser le niveau de risque, pas d'augmenter le rendement. Sur certaines périodes, un portefeuille laissé tel quel aurait produit davantage. Sur d'autres, il aurait aussi reculé beaucoup plus fortement.
Plusieurs fonds équilibrés et portefeuilles gérés rééquilibrent automatiquement à l'interne. La question reste pertinente si vous détenez plusieurs fonds ou plusieurs comptes, puisque c'est l'ensemble qui compte et non chaque produit pris isolément.
Pas toujours. Diriger les nouvelles cotisations vers la catégorie sous-pondérée permet parfois de corriger l'écart sans aucune transaction de vente. C'est souvent l'option la plus simple sur le plan fiscal.
Avis : Ce contenu est fourni à titre informatif seulement et ne constitue ni un conseil financier, fiscal ou juridique, ni une recommandation d'achat ou de vente de titres. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs. Le portrait de marché s'appuie sur les commentaires de marché de l'été 2026 de Cloutier Groupe Financier, préparés par Marc St-Pierre, CFA, en date du 30 juin 2026. Bravia Gestion Patrimoine inc. Représentants de courtier en épargne collective inscrits auprès de Groupe Cloutier Investissements.